Chaque année dans le monde, près d’un tiers de la nourriture produite pour la consommation humaine est perdue ou gaspillée.
En parallèle, l’industrie plastique traditionnelle extrait des millions de barils de pétrole pour fabriquer des emballages à usage unique. Face à ce double défi environnemental, une solution innovante à pu émerger : transforme les déchets alimentaires en plastique biodégradable.
Mais comment passe-t-on d’un reste de repas à un emballage résistant ?
La collecte permet de trouver la matière première et de s’approvisionner chez de grandes sources, les biodéchets ménagers / restauration (épluchures, restes de repas, marc de café), les sous-produits de l’industrie agroalimentaire (drêches de brasserie, peaux de tomates ou de citrons) et les invendus agricoles issues des cultures abîmées qui ne peuvent pas être commercialisés. L’avantage majeur est qu’elle n’interfère pas l’alimentation humaine contrairement aux bioplastiques de première génération qui elle, utilise ce qui aurait fini à la poubelle ou à l’incinérateur.
Le processus de création repose en grande partie sur la biotechnologie, c’est-à-dire la transformation du déchet en plastique et utilise les micro-organismes comme mini-usines chimiques. Le processus se déroule en quatre étapes avec le prétraitement où les déchets alimentaires collectés sont triés, broyés et purifiés pour obtenir une "soupe" organique riche en sucres, en amidon et en acides gras.
La fermentation bactérienne consiste à récupérer cette soupe et la placée dans de grandes cuves (des bioréacteurs) avec des souches de bactéries spécifiques pour permettre au liquide de se nourrir et ainsi produire des molécules de plastique à l'intérieur de leurs propres cellules, un peu comme les humains stockent de la graisse.
L'extraction, une fois que les bactéries sont "remplies" de plastique, on brise leurs cellules pour en extraire les précieuses billes de biopolymère et sont ensuite purifier pour éliminer les résidus organiques restants de la matière existantes.
Enfin, lors des étapes de compoundage et de moulage, le bioplastique est chauffé puis mélangé, si nécessaire, à des additifs d’origine naturelle afin d’améliorer ses propriétés, telles que la souplesse ou la résistance. Il est ensuite transformé sous différentes formes (films, granulés, etc.) ou moulé pour obtenir des produits finis.
Le bioplastique trouve des applications de plus en plus larges, portées par des réglementations environnementales strictes comme l'emballage alimentaire (des barquettes pour légumes, des films étirables ou des sachets de thé), l'agriculture (des films de paillage (déposés sur les sols pour protéger les cultures) qui se dégradent directement dans la terre après la récolte, évitant ainsi de polluer les sols avec des microplastiques et le secteur biomédical.
Cependant, le bioplastique doit encore relever plusieurs défis avant de pouvoir remplacer durablement le plastique pétrochimique comme l’ordre logistique (composition des déchets organiques qui varie constamment) et l’économique avec une production de bioplastiques à grande échelle qui reste coûteuse par rapport au plastique issus du pétrole
En conclusion, le bioplastique issu des déchets s’impose comme l’un des piliers potentiels de l’économie circulaire de demain. Toutefois, son développement reste confronté à des contraintes économiques, techniques et industrielles qu’il convient de surmonter pour assurer son déploiement à grande échelle.