Face à l’urgence climatique et au durcissement des normes environnementales, le secteur du bâtiment et de l’industrie cherche frénétiquement à décarboner ses processus. Si les matériaux biosourcés ont largement occupé le devant de la scène ces dernières années, une autre alternative émerge en force : les matériaux géosourcés.
Un matériau géosourcé est un matériau de construction issu de ressources minérales du sol ou du sous-sol extraites localement et mises en œuvre sans transformation chimique lourde, ni cuisson à haute température. Cette absence de cuisson les distingue radicalement de matériaux comme le ciment ou la brique cuite, dont la fabrication est extrêmement énergivore.
On les oppose généralement aux matériaux biosourcés, d’origine végétale ou animale – bois, paille, chanvre, laine – bien que les deux familles partagent une même philosophie : construire avec des ressources locales, peu transformés et faible en impact environnemental.
Dans les grands types de matériaux géosourcés, on y trouve la terre crue qui occupe une place centrale dans cette catégorie notamment pour sa particularité à n’être ni cuite, ni chimiquement modifiée. Ensuite nous avons le pisé qui est légèrement humide compactée en couches successives dans un coffrage, le bauge – de la terre humide, empilée et modelée à la main, l’adobe – des briques de terre crue moulés et séchés au soleil et enfin le torchis, un mélange de terre et de fibres végétales appliqué sur une ossature en bois.
On peut également retenir que la pierre, le sable et le gravier entrent quant à eux dans la composition d’enduits, de mortiers ou de bétons de terre stabilisée souvent associés à la chaux.
Mais pourquoi suscite-t-il autant d’intérêt ?
Les matériaux géosourcés s’inclut dans une empreinte carbone drastiquement réduite car l’énergie consommé se limite principalement à l’extraction, au façonnage léger et au transport – ils ne nécessite pas de cuisson, de terre crue ou de pierre poncée, de plus, ils s’inscrivent dans une économie de proximité avec un provenance régulière des déblais de chantiers de terrassement et qui historiquement considérée comme un déchet qu’il fallait évacuer à grand frais.
Cependant, celle-ci possèdent quelques limites notamment pour sa productivité ainsi que pour son temps de séchage qui peut-être plus long et inclue ainsi une logistique méticuleuse, son coût financier ainsi que la disponibilité de la main-d’œuvre qui exige un savoir-faire spécifique et une intensité en main-d’œuvre plus élevée que le coulage d’un voile en béton et enfin pour sa culture normative qui vis-à-vis de la résistance mécanique ou la tenue à l’eau d’une terre varie selon le coulage, reste un défi légal et assurantiel.
Les matériaux géosourcés incarnent une voie concrète vers une construction plus sobre et plus ancrée dans les territoires, ils ne remplaceront sans doute pas tous les usages du béton ou de l’acier cependant, leur combinaison avec les matériaux biosourcés dessine une palette de solutions basses carbones de plus en plus crédibles.